Les voeux du MOC pour 2019

LE TEMPS EST AU CHANGEMENT. AU CHANGEMENT DE CAP ET AUX ALTERNATIVES SOLIDAIRES !

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Nous vivons aujourd’hui dans une société abîmée et une démocratie fragilisée. Il est temps de changer de cap. Et de proposer des alternatives solidaires !

Il est de notre responsabilité en tant que Mouvement social d’affirmer haut et fort qu’une autre politique est possible. Qu’une autre politique est nécessaire.

Le MOC de la Province de Namur a une démarche de participation citoyenne et démocratique.

La démocratie et la participation citoyenne : un sujet, qui année après année, est toujours au centre des préoccupations du MOC, qui fait vivre concrètement ces concepts. Des débats pré-électoraux préparés avec les militants des organisations (Vie Féminine, CSC, Mutualité Chrétienne, Equipes Populaires et JOC) ont été organisés en vue de préparer le scrutin d’octobre dernier.

La politique, ça intéresse les gens. Le succès de participation aux débats organisés par le MOC, près de 500 participants au total, confirme l’intérêt qu’ils suscitent auprès des citoyens.

Les réactions de deux militants des Equipes populaires qui ont assisté aux débats en témoignent :

"J'aime les élections communales, c'est sympa ! Au moins, c'est des gens qu'on connait. A la sortie, il y a toujours le bar tenu par l'association des parents. On fait d'une pierre deux coups ! Là au moins, on peut parler avec eux : ça reste des humains comme nous avec leurs défauts... mais il serait temps qu'ils se réveillent !"

« Nous, on ne baissera jamais les bras !... On continuera d’interpeller nos élus sur nos revendications. Nous sommes des citoyens, nous avons ce pouvoir. Et nous allons l’exercer !»

En pleine transition politique, avec un gouvernement fédéral minoritaire en affaires courantes, d’autres témoignages interpellent très justement :

« J'ai bien fait de ne pas aller voter… ou plutôt non, j'aurais pu écrire les mots de Dalida sur le bulletin : ‘Paroles, Paroles, Paroles...’. J'aurais même pu les chanter dans l'isoloir et publier la vidéo tiens... Tellement j'ai la rage... Non cela m'aurait apporté des ennuis... J'arrive déjà pas à rembourser mes dettes... J'ai bien fait de pas y aller... Et je ne suis pas seul dans ma commune: 20% de bulletins nuls ou blancs et d'absents. » (un autre militant des Equipes Populaires).

« Assister et participer au débat pré-électoral du MOC, c’était un bel exercice démocratique… Mais on a eu l’impression que les réponses politiques étaient toutes faites, édulcorées,… comme si les représentants politiques ‘vendaient’ leur produit avant tout. » (des militants de la CSC).

«  Lors d’un débat organisé par le MOC, le plus dingue pour moi, c'est quand une candidate a dit calmement  - à propos des violences conjugales  - que ce n'était pas une priorité pour elle, que si elle devait choisir entre ça  et développer les repas du CPAS, elle choisirait les repas. Alors, bon, on peut toujours dire qu'elle n'est pas hypocrite, qu'elle ne fait pas semblant, mais quand même ! » (une militante de Vie Féminine)

«  En fait, ça a l'air dur pour eux de nous écouter. Ils veulent surtout dire ce qu'ils ont fait, c'est ça ! 
Moi je trouve qu'on sent vite ceux qui écoutent ce qu'on a à dire. Si ! (...) Enfin, si on parle de nous, ils écoutent quand même, mais c'est quand on leur dit ce qu'il y a à faire qu'ils ont plus du mal ! 
» (une autre militante de Vie Féminine)


Climat : le MOC réclame des actes concrets et forts, à la hauteur du défi climatique.

Alors que la Belgique avait pris l’engagement de réduire ses gaz à effet de serre de 15% entre 2013 et 2020, nous n’en sommes encore qu’à 7,2% !

Plus de 140.000 personnes dans les rues lors de la marche pour le climat. Près de 50.000 jeunes dans les rues de Bruxelles et ailleurs en Wallonie depuis mi-janvier ! Les citoyens, toutes générations confondues, réclament de la justice climatique pour sauver la planète.

Pourtant, le désintérêt et la condescendance manifestes à l’égard de celles et ceux qui se mobilisent en nombre pour réclamer toute l’attention et le manque d’actes forts pour y répondre est stupéfiant.

Social : la part de la population qui s’appauvrit est en augmentation. C’est la priorité absolue pour le MOC de la Province de Namur !

Aujourd’hui, 16% des Belges sont en situation de pauvreté. 16% de la population vit dans une famille avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté. Faut-il rappeler que le seuil de pauvreté est un revenu de 1.115€ nets par mois pour une personne isolée ou de 2.341€ nets par mois pour un ménage.

La situation de la pauvreté s’est détériorée ces dernières années. Le nombre mensuel moyen de bénéficiaires du revenu d’intégration a augmenté de 74% en 10 ans, passant de 80.500 à 140.150 ! Cela concerne principalement des groupes à risque tels que les personnes peu qualifiées ou d’origine étrangère et les familles monoparentales.

Le MOC défend une réelle dynamique de la participation citoyenne et associative. Qu’elle puisse être encouragée, effective et respectée. 

Le MOC de la Province de Namur déplore et dénonce le cocktail de mesures rétrogrades et antisociales prises par les gouvernements fédéral et régional.

Trois projets de réformes initiées et menées par le Ministre Jeholet risquent d’affecter très lourdement l’avenir de l’insertion, des CISP, et du champ associatif.

La réforme de l’inspection et l’arrêté sur les dépenses éligibles sont une attaque sidérante envers les associations. Des associations qui font un travail considérable pour et avec les gens qui en ont le plus besoin, vont se retrouver dans un équilibre financier impossible à maintenir.

Ces projets de réforme, qui se décident sans aucune concertation, faut-il encore le rappeler, sont une vraie menace à l’encontre de la liberté d’association, dimension essentielle de la démocratie.

Comme pour la réforme sur les emplois APE, les nouveaux critères mis en avant par les cabinets ministériels ne correspondent pas du tout aux réalités des associations.

Le MOC de Namur est consterné par ces mesures et est frappé de plein fouet, tout comme bon nombre d’autres associations de la Province.

Prenons comme exemple illustratif le principal critère d’évaluation mis en avant par les réformes, qui sera la mise à l’emploi des stagiaires. L’insertion professionnelle sera ainsi primordiale, alors que l’aspect « insertion sociale » est beaucoup plus important pour les publics concernés. Publics qui galèrent pour mener à bien des fins de mois difficiles, trouver une garderie pour leurs enfants, se soigner, se relever de violences intrafamiliales, etc. Des personnes qui, malgré ces difficultés, s’inscrivent dans un processus d’insertion mais que l’on perd dans les méandres et la rigidité d’une administration elle aussi bousculée par des décisions ministérielles absurdes et totalement dépourvues de bon sens.

Nous filons vers une marchandisation des services et de l’insertion professionnelle. Les appels à projets du Forem seront soumis au marché public ! Comment des services issus du tissu associatif arriveront-ils à rivaliser avec des sociétés privées, avec des boîtes d’intérim qui ne rencontrent pas du tout les mêmes finalités et dont la priorité est de réaliser du profit ?

Le MOC revendique une contribution équitable de l’ensemble des revenus et du capital. La lutte contre l’évasion fiscale doit réellement être prise en charge afin de rétablir voire de renflouer les caisses de l’état.

Les gouvernements actuels font peser le poids des mutations sur les plus fragilisés, sur ceux qui n’ont aucune alternative possible. Ils demandent à chaque citoyen de faire des efforts.

Notamment des efforts en matière d’écologie. Dans le même temps, les plus grands pollueurs sont à peine taxés. Alors qu’augmenter les taxes sur le kérosène doit pouvoir se faire tout en repensant un plan de mobilité fiable, avec des services publics de transport en commun en suffisance, beaucoup plus accessibles en termes de fréquence et de tarif, tout en réduisant drastiquement les vols d’avion à prix cassés. Lorsqu’un vol Charleroi Bruxelles – Madrid est possible à partir de 30€ et qu’un trajet un train Namur-Arlon est à 41€, il y a un sérieux problème de mesures !

21 milliards. 6% du PIB ou 21 milliards d’euros. C’est l’évaluation du coût de l’évasion fiscale pour la Belgique. Tous ceux qui fraudent et abusent des faiblesses criantes de l’appareil public, policier ou judiciaire, le font au détriment de l’immense majorité des contribuables honnêtes.

Pendant ce temps-là, quelques ministres de notre gouvernement accueillent en grande pompe Ali Baba qui va investir 75 millions d’euros dans notre pays mais… en oubliant de contribuer pour l’équivalent dans notre système belge, en créant son paradis fiscal ailleurs.

Les responsables politiques se félicitent ainsi d’accueillir des gens qui ne contribuent pas au système belge !

Le MOC plaide donc pour des taxes, mais dont les rentrées supplémentaires soient gérées correctement et efficacement. Qu’elles servent à financer les alternatives, pas à combler les trous dans un budget bâclé qui n’a pas été construit avec concertation et intelligence collective.

Dans ce sens, le MOC soutient les femmes et les hommes politiques qui oseront proposer des taxes qui contribuent à rétablir une fiscalité juste et redistributive ! Des femmes et des hommes politiques qui auront le courage de prendre les décisions qui certes ne sont peut-être pas très « sexy », mais qui s’imposent.

LE TEMPS EST AU CHANGEMENT. AU CHANGEMENT DE CAP ET AUX ALTERNATIVES SOLIDAIRES !

À ce titre, le MOC de Namur donne une seule consigne de vote. Un vote audacieux pour une transition à la fois écologique, sociale, humaine et économique. Un vote pour les partis dont l’ambition est de faire évoluer la société. Un vote pour des candidates et des candidats qui feront de l’intérêt général une priorité. Pour qui le ‘nous’ sera naturellement dans le vocabulaire.

                                                                                                                                               Christine Pirson, secrétaire provinciale du MOC de la province de Namur

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